FormationGuide du formateurTuto et vidéo

Partager nos contenus en préservant nos droits

Vous avez créé des contenus numériques (PowerPoint, PDF, Vidéos…) que vous utilisez pour vos formations, vos communications. Ils vous appartiennent et très logiquement vous êtes réticents à les distribuer, à les mettre en ligne sur internet, avec le risque qu’ils soient découpés, détournés, et finalement d’en être dépossédés. Mais vous avez aussi le sentiment de parfois refaire ce qui a déjà été fait par d’autres (et souvent bien !) et qu’il serait tellement simple pour un grand nombre de sujets non sensibles de pouvoir “piocher” ces contenus dans une sorte de pot commun plutôt que de devoir à chaque fois réinventer la roue.

Dans les contenus que vous avez créés, il y a certainement deux catégories, la première correspond au cœur de votre expertise, de votre savoir spécifique et il est fort logique que vous désiriez en garder la totale maîtrise. La seconde partie correspond à des notions plus périphériques (histoire de telle ou telle technique, données épidémiologiques, rappels anatomiques, techniques), et pour celle-ci beaucoup de vos confrères sont ou seraient à même de réaliser un contenu tout à fait comparable. C’est de cette partie et de ces contenus dont nous allons parler.

Pour gagner du temps, économiser un peu de votre énergie, il serait intéressant de mettre en commun quelques-unes de vos productions, avec la possibilité en retour de pouvoir utiliser les productions de vos confrères.

La crainte de chaque créateur est de se voir dépossédé de la propriété intellectuelle de ce bien qu’il désire pourtant mettre « en commun » et dans lequel il a mis une partie de son savoir, de son temps, de son énergie et souvent de son talent et de son art. La nature numérique de ces œuvres ou productions les rendent très facilement duplicables. Il est impératif de trouver un moyen de pouvoir échanger, certains diraient mutualiser, les efforts, en préservant les droits à la propriété intellectuelle de chacun.

Deux autres points méritent d’être abordés, le premier est celui de la modification éventuelle de l’œuvre initiale par un autre créateur pour créer une nouvelle œuvre. Nous pouvons prendre des exemples dans le domaine de l’art : collage à partir de photos prisent par un autre, insertion d’une boucle musicale dans un nouveau morceau, ou dans le domaine de la formation comme l’insertion d’un passage vidéo dans une nouvelle vidéo ou un nouveau film d’enseignement. Cela doit pouvoir rester possible si le créateur initial a donné explicitement son accord. Le second point est celui de la commercialisation éventuelle de la nouvelle production (ex. : commercialisation d’une formation intégrant des vidéos créées par un auteur autre que celui qui propose la formation), ici aussi l’accord formel du créateur initial est tout aussi indispensable.

Creative Commons est une association à but non lucratif créée en 2001, dans l’objectif de faciliter la diffusion et le partage d’informations, de connaissances et de culture. Elle propose gratuitement des licences permettant aux auteurs de diffuser leurs créations ou leurs savoirs, librement en dehors de la notion de copyright.

Ces licences ont pour objectif de protéger les droits de l’auteur tout en permettant la libre circulation et la diffusion de contenus culturels. Les licences proposées offrent des degrés de restrictions, et donc en miroir de libertés, différents. De la plus restrictive à la plus libre, elles offrent la possibilité à l’auteur, de choisir celle qui correspond le mieux au statut qu’il désire attribuer à l’œuvre qu’il souhaite partager. De ce fait, les utilisateurs disposent de plus ou moins de libertés pour modifier, réutiliser ou diffuser les contenus.

Cette initiative pourrait avoir toute sa place dans le domaine de la formation. En effet, elle permettrait de mettre en œuvre des formations en dehors du champ commercial systématique, tout en valorisant la création de contenus par chaque personne ayant un savoir, une compétence, une expertise.

Il y a certes une dimension altruiste de la part de l’auteur qui va mettre à disposition gratuitement le contenu qu’il a créé, mais il ne va pas mettre en commun la totalité de ses productions et il va en retour faire connaitre son travail, gagner en visibilité et en notoriété.

En conclusion, ces biens culturels communs sont comme une bouffée d’oxygène, des éléments de réflexions, de créations, de découverte de nouveaux talents, de nouvelles idées et la formation est un champ idéal pour leur mise en œuvre.

Vous pouvez retrouver toutes les informations sur le site de Créative Commons France :

http://creativecommons.fr/

Jean-René LARUE