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Proposition d’amélioration de la formation et de la communication dans le cadre du parcours de soins du patient insuffisant rénal chronique.

Au cours des dernières années les efforts de tous les acteurs prenant en charge les patients insuffisants rénaux chroniques, n’ont pas permis de constater d’amélioration notable.

Un changement de paradigme semble indispensable, et au-delà des efforts et de l’engagement de chacun, l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication apparaît comme une opportunité à saisir.

Nous allons décrire une proposition détaillant ce processus et en utilisant l’analogie avec le jeu de LEGO que tout le monde connait.

Une formation a pour objectif de transmettre à un apprenant, professionnel ou patient, un certain nombre de connaissances qui doivent lui permettre d’acquérir de nouvelles compétences.

Chacune de ces connaissances peut être assimilée à une brique de LEGO, les connaissances sont très différentes, mais de la même manière il existe de nombreuses briques de LEGO différentes (taille, forme, couleur…). Une formation correspond à une construction, un assemblage de briques qui seront choisies en fonction, d’abord de ce que le formateur veut transmettre à l’apprenant (objectifs pédagogiques) et ensuite des caractéristiques de l’apprenant, en tenant compte de ce qu’il sait déjà et du degré de performance attendu dans le domaine enseigné.

Prenons un exemple dans le champ de la nutrition : sensibilisation aux risques de l’hyperkaliémie et à sa prévention chez le patient hémodialysé.

En fonction du public visé, patient, jeune infirmière de dialyse, médecin traitant, le contenu (la construction) sera très différent, mais certains éléments (brique de LEGO) seront les mêmes (ex. : composition en potassium des aliments). Ce qui permet, lorsqu’on dispose déjà des briques, de construire rapidement la formation que l’on désire. L’autre avantage est économique, une brique pourra être utilisée dans plusieurs situations et l’amortissement du coût de production de chaque brique se fait sur de nombreuses formations réduisant ainsi le coût des formations. Une mise en commun au sein d’un groupe d’établissements, d’une communauté (syndicat), ou des membres d’une société savante permettrait de réduire considérablement le cout de production de chaque unité pédagogique (brique) et de disposer très rapidement d’une grande bibliothèque d’unités de formation. Chacun pourrait produire quelques briques correspondant à son champ d’expertise, les mettre à la disposition de la communauté et bénéficier en retour de l’ensemble des briques de la communauté.

Cela permettrait à chacun de choisir les briques qui lui conviennent, de construire la formation qu’il désire, proposer à ses apprenants des formations « sur mesure », sans avoir à refaire ce qui a déjà était fait par d’autres. Chacun garderait ainsi une très grande liberté et autonomie dans la construction de ses propres formations.

Mais quelle est la nature des briques ? Traditionnellement ces unités de formation sont soit des documents papier (livret, dépliant…), soit des présentations type Powerpoint ou PDF.

La tendance actuelle est d’utiliser de courtes vidéos ou tutoriels de trois à six minutes qui peuvent être associés dans une séquence de vidéos (trois à dix ou douze). En effet le taux d’équipement des foyers français est élevé, avec un accès à internet qui est maintenant très largement répandu. Pour les personnes âgées, souvent un enfant ou un autre membre de la famille pourra accompagner le patient pour visionner les vidéos. Pour ceux qui n’ont pas d’accès nous devrons continuer de façon traditionnelle ou accompagner le patient dans son apprentissage dans la structure de soins. Pendant cette première phase l’apprenant est sollicité sur deux canaux de perception : la vue et l’audition, ce qui renforce ses possibilités de mémorisation. Un avantage considérable, contrairement à la formation classique, est que l’apprenant peut revoir plusieurs fois la même vidéo, s’arrêter, reprendre, aller à son rythme et ne sera pas obligé de suivre le rythme du formateur avec le risque de « décrocher » et de ne pas oser le dire.

Enfin il est essentiel de faire suivre cette phase d’acquisition solitaire (en e-learning) par une session présentielle où un formateur (ex. : IDE chargée de l’information pré-suppléance) répondra aux questions, approfondira quelques notions, fera faire des exercices, des mises en situation, et mieux encore, plusieurs apprenants pourront échanger sur le sujet, confronter leurs expériences et renforcer la mémorisation par la création de liens.

Tout ceci demande une infrastructure : une plateforme informatique qui permet au formateur d’organiser et de délivrer à l’apprenant la formation. Ces plateformes s’appellent des LMS (Learning Management Systeme). Elles doivent être très simples d’utilisation pour le formateur qui doit concentrer ses efforts sur de la pédagogie et pas sur de l’informatique, et pour l’apprenant qui ne doit rien avoir à connaitre en informatique. La plateforme doit aussi assurer automatiquement toute la traçabilité du processus et permettre des évaluations, ce qui serait une preuve d’efficacité.

En utilisant la même plateforme pour former les patients et les professionnels et en utilisant sur de nombreux établissements la même plateforme, on réduirait les moyens et les coûts, ce qui serait ici un gage d’efficience.

Enfin pourquoi utiliser une telle plateforme uniquement pour le parcours de l’insuffisant rénal chronique, alors que le même raisonnement s’applique à toutes les maladies chroniques.